Patrizia Cattaneo


Aller au contenu

Menu principal:


Guérison d'une fièvre

Frère Cosimo

GUERISON D’UNE FIEVRE
Marlène Reichmuth

Notre Dame du Scoglio: la chapelle et l'esplanade

Il est difficile de parler des choses de Dieu sans les enfermer dans des concepts qui ne sont que la projection de nos idées sur Dieu. Or Thomas d’Aquin nous a avertis que «la foi n’a point pour terme les concepts, mais la réalité». Plus proche de nous, le théologien et mystique suisse Maurice Zundel faisait remarquer au journaliste avec lequel il s’entretenait qu’«on parle efficacement de Dieu pour autant qu’on le vit, en devenant parole plutôt qu’en proférant des mots» L’homme existe-t-il? p. 76. Dom Le Saux, Sagesse hindoue, Mystique chrétienne, p.41, écrivait lui aussi: «Tant que l’homme veut étreindre Dieu dans ses concepts il n’étreint jamais qu’une idole». D’où la valeur essentielle du témoignage comme illustration de la Parole Eternelle.

Les apôtres Matthieu, Marc et Luc rapportent la guérison de la belle-mère de Pierre
«qui était couchée avec de la fièvre». Lorsque Jésus entra dans la maison de Pierre, il la vit étendue, «lui toucha la main, et la fièvre la quitta; elle se leva et se mit à les servir», Matthieu 8.14. Jésus ne guérissait pas tous ceux qui étaient malades, mais ceux vers lesquels «il tournait son regard», pour reprendre les paroles d’une bénédiction de Fratel Cosimo. Cette rencontre est possible aujourd’hui, parce que tout l’Evangile témoigne d’une présence qui est la même hier, aujourd'hui et éternellement, celle du Christ. «Dieu s’atteste dans la transparence de l’homme», affirmait Zundel (p.261). La transparence de Fratel Cosimo, qui s’est comme vidé de lui-même pour se donner au Christ, est ce qui permet à ceux qui vont le trouver d’approcher le Christ, ne serait-ce qu’un bref instant. Il s’agit alors véritablement d’une rencontre qui change tout. L’âme est touchée par la Grâce.

Témoignage
Nous étions mon mari Alfred et moi, en ce 2 octobre 2004, sur la place de la Madone du Scoglio avec des milliers d’autres pour la messe du premier samedi du mois. En fait nous avions prévu de rester une semaine dans un hôtel proche, au bord de la mer, ainsi nous viendrions tous les jours prier au Scoglio. Mais ce 2 octobre je me suis sentie prise d’une forte fièvre accompagnée de maux de tête lancinants et de douleurs musculaires aiguës. Le mal allait en s’aggravant à mesure que le soleil devenait plus intense. Il n’était plus question de prier, mais de tenir jusqu’au soir sur cette place noire de monde. Le lendemain dimanche, j’étais au lit, tous stores baissés, grelottant et transpirant tout à la fois. Le soleil radieux, la plage de sable fin sous les fenêtres, la mer bleu azur jusqu’à l’horizon me renvoyaient par contraste à mon misérable état et mon accablement augmentait d’autant. Je buvais l’inévitable camomille en me désolant d’être clouée au lit, impuissante à me lever quelle que soit ma bonne volonté, alors que la Madone du Scoglio était à quelques kilomètres à peine. Les remèdes fébrifuges, apportés par des amis compatissants, n’arrangeaient rien. Le soir, mon mari Alfred s’est rendu au Scoglio. A son retour, il m’a rapporté avoir parlé à Fratel Cosimo de ma fièvre et de ma grande désolation. Fratel Cosimo lui a assuré qu’il allait prier pour moi, «quand tout le monde sera parti». Et il a précisé: «Demain elle se sentira différente». Sur ce je me suis endormie paisiblement. Le lundi matin fut un réveil que je n’oublierai pas de sitôt. Je me suis levée, l’esprit alerte et plein d’entrain, le corps frais et dispos. Fini le régime camomille, j’avais faim et il me semblait qu’un bon bain de mer serait idéal pour commencer la journée avant le petit déjeuner. Toute fièvre m’avait quittée sans qu’il soit besoin d’aucune convalescence. Je passais sans transition de l’état de celui qui subit une maladie qui le met hors course à celui «qui se lève et marche». Ce que ne dit pas le témoignage des apôtres pour la belle-mère de Pierre, c’est cet état extraordinaire, une sorte de légèreté de l’être, la sensation de «sur l’eau». Lorsque je suis descendue en peignoir pour aller me baigner dans la mer, la famille de l’hôtelier n’en revenait pas, vu mon état de la veille. Plus tard dans l’après-midi, j’ai rencontré Fratel Cosimo qui m’a dit: «Sans cette bénédiction, vous seriez au lit». «Je le sais», lui ai-je répondu. «La dernière foi que j’ai contracté une pareille fièvre, un mois d’octobre en Italie, j’en ai eu pour plus d’une semaine». Mais cela ne s’est pas arrêté là, il y a eu une suite. A ma grande surprise, Fratel Cosimo a ajouté que cette bénédiction n’était que la première partie. «Ce soir, je vous donnerai la deuxième partie».

Le soir venu, Fratel Cosimo a posé la main sur mon front en appuyant fortement. Je n’ai pas compris les paroles de sa bénédiction, qu’il murmurait à voix basse, si ce n’est les mots: «Libère-la de tout le mal.» Ce soir-là, je me suis mise au lit sans état d’âme particulier, comptant dormir comme la veille, paisiblement. Mais ce n’est pas du tout ce qui s’est passé. Je pourrais le décrire ainsi: tout ce que j’avais pensé de toute ma vie revenait à la surface de mon esprit et s’entrechoquait dans une grande confusion qui me semblait un courant tumultueux. Ne pouvant me raccrocher à rien de précis ni contenir ce flot de pensées, je me répétais mentalement, inlassablement: «Jésus, Jésus». Et entre chacun de ces appels à Jésus le tumulte reprenait de plus bel. Je sentais aussi une violente nausée et comme des courants électriques le long de la colonne vertébrale. Le lendemain matin, je me suis levée très lasse et surtout perplexe. Cela n’avait rien à voir avec la fièvre des jours précédents. Je suis allée auprès de Fratel Cosimo prendre son conseil. «Alors?», s’enquit-il. J’ai résumé en une phrase: «C’était comme une lutte toute la nuit.» «Non, pas une lutte
, une bataille» a-t-il rectifié avec l’autorité de celui qui sait. «Et qelle quelle leçon faut-il en tirer?» ai-je demandé. «C’est la tentation» m’a-t-il précisé sans autres explications. Je me suis alors souvenue des enseignements des Pères du désert (entre le troisième et le septième siècle), admirablement adaptés à notre époque par le théologien bénédictin allemand Anselm Grün dans ses livres et séminaires. Ces derniers parlent d’un combat de l’ego qui fait écran à la Grâce de Dieu. Je venais d’en recevoir une parfaite illustration. «Il y a en vous une résistance», m’a dit Fratel Cosimo plus tard. Il me faut admettre qu’elle provient de mon moi, par essence égocentrique, alors que la Grâce est par essence Don d’Amour. Le combat spirituel naît de cette incompatibilité. Le moi s’interpose sans relâche, constate Zundel (p. 127) et c’est ce qui pourrait expliquer le caractère fragmentaire et comme erratique des miracles. Cela tiendrait aux obstacles qu’oppose l’homme à Dieu (p. 171). J’ai interrogé Fratel Cosimo: «Que faut-il faire contre cette résistance?». Il m’a répondu: «Prier!»

Sources
Maurice Zundel,
L’homme existe-t-il Sarment, Editions du jubilé, 2004.

Publication: Chrétiens Magazine No 196, 15 janvier 2007

Photo: Patrizia Cattaneo



Téléchargez l'article en pdf






Présentation | Pèlerinages | Père Bianco | Frère Cosimo | Père Matteo | P. Cipriano | N.D. Avocate | Saint Joseph Moscati | Padre Pio | Père Tardif | Diable-enfer | Récits des exorcistes | Eglise | Santé naturelle | Articles | Devotions | Livres-dvd | Liens | Vie sociale | Ecrivez au Père Bianco | Demande d'information | Plan du site


Revenir au contenu | Revenir au menu