Patrizia Cattaneo


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Noel au ciel

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NOEL AU CIEL


II était une fois deux enfants, une sœur et un frère. C'était des enfants très sages et obéissants. Ils en étaient presque un peu fiers. Ils aimaient bien jouer avec leurs camarades, mais encore plus entre eux deux. Un jour, - c'était la veille de Noël -, ils décidèrent de partir tout seuls fêter Noël au ciel, avec les anges et avec Jésus.
Ils se mirent en route de bon matin, car ils pensaient bien que le chemin serait assez long. Ainsi ils marchèrent et marchèrent à travers les paysages, en direction du soleil levant. Soudain ils entendirent au loin le grondement d'un torrent et se trouvèrent bientôt au bord d'un profond ravin longé de vertigineuses falaises. Prudemment ils s'approchèrent du bord. Comment faire pour traverser ? Alors ils aperçurent un pont, rectiligne comme une règle et tout aussi étroit, qui réunissait les deux bords. Oseraient-ils la traversée ? Cela parut de la folie. Mais voilà : ce pont s'appelait "le pont du mensonge". Celui qui n'avait jamais menti de sa vie pouvait l'emprunter sans danger. Les deux enfants se regardèrent et dirent d'un commun accord: «Nous n'avons jamais menti de notre vie, allons-y». Un peu tremblants ils s'y engagèrent, un pied devant l'autre, et encore un pied devant l'autre, et ainsi de suite, et ils gagnèrent le bord opposé.
Un peu fatigués, ils continuèrent leur route. Au bout d'un certain temps ils entendirent de lointains rugissements. Malgré leur frayeur ils avancèrent. Les rugissements enflèrent, cela ressemblait bien à des rugissements de lions, mais ils ne purent rien voir, car le paysage était sauvage : des fourrés et des buissons épineux s'étendaient à perte de vue. Brusquement ils virent quelque chose de jaune doré bouger à travers les branches. Ils s'arrêtèrent net : c’était bien deux lions, un à droite et l'autre à gauche du sentier. Que faire? Rebrousser chemin? Mais voilà : c’étaient «les lions bagarreurs, les lions de la colère». Celui qui ne s'était jamais bagarré ni mis en colère contre quiconque pouvait passer sans être attaqué. Les deux enfants se regardèrent et dirent d'un commun accord : «Nous ne nous battons jamais et ne faisons jamais de colère, Allons-y». Le cœur battant, ils avancèrent et, lentement, passèrent indemnes entre les deux lions qui ne bougèrent pas.
Encore un peu plus fatigués ils continuèrent leur route.
L'après-midi avançait. Le soleil avait passé le zénith depuis longtemps. Combien de temps encore jusqu'au ciel ? En sortant enfin des fourrés, le sentier semblait s'orienter vers un replat parsemé de bouleaux, reconnaissables à leurs troncs blancs. Les enfants espérèrent pouvoir se reposer un peu sous leurs fins branchages. Mais en s'approchant, que découvrirent-ils ? Un marécage, des trous gluants d'eau noire entre des îlots de boue flottante, plus trace de sentier. Impossible de s'y hasarder. Mais voilà : ce marécage s'appelait «le passage de l'obéissance». Celui qui n'avait jamais désobéi à ses parents ni à quiconque, pouvait s'y risquer. Les deux enfants se regardèrent et dirent d'un commun accord : «Nous n'avons jamais désobéi, nous pouvons poser nos pieds sur le marécage, allons-y». Et ils passèrent sains et saufs.
Arrivés de l'autre côté ils regardèrent : le soleil baissait, l'horizon commençait à se mettre au rose, mais le sentier continuait et semblait enfin monter. «Dépêchons-nous de grimper» se dirent-ils, «il ne s'agit pas d'arriver en retard».
Ils s'engagèrent en hâtant le pas et, à la tombée de la nuit, un peu essoufflés, ils se trouvèrent devant l'immense portail du ciel. Un silence absolu régnait. Les enfants s'étaient attendus à entendre de la musique, des répétitions de chants de Noël, certes atténuées par l'épaisseur de la porte, mais quand même. Alors timidement, ils frappèrent au portail. Rien ne bougeait. Ils frappèrent plus fort et encore plus décidés et encore plus fort. Enfin ils entendirent de lourds pas, un peu traînants, s'approcher de l'intérieur. Et le portail s'ouvrit un peu grinçant, l'espace d'une fente. La tête barbue de Saint Pierre apparut et il dévisagea les enfants d'un air étonné : «Que voulez-vous, les petits ?», «On est venu pour fêter Noël au ciel ce soir» dirent-ils avec une certaine assurance. « Ah ! » dit-il, en se lissant la barbe, «Mais voyons, le soir de Noël tout le ciel, Jésus et tous les anges descendent sur la terre. II n'y a personne ici. Ils sont tous descendus pour fêter Noël avec les hommes, avec tous les hommes, toutes les femmes, tous les enfants, filles et garçons, sages ou méchants. Ici le ciel est vide». Et il referma la porte.

D. Casalis

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